Vous vivez en France, en Belgique ou ailleurs, et vous souhaitez financer une partie de votre riad à Marrakech par un crédit ? C’est possible. La réglementation des changes marocaine autorise les banques à accorder des crédits en dirhams aux étrangers non-résidents pour acheter une résidence au Maroc, à des conditions précises. Encore faut-il les connaître avant de signer un compromis.

Dans ce guide, nous reprenons les règles publiées par l’Office des Changes, les options de financement possibles et la méthode que nous recommandons à nos clients pour monter un dossier solide.

En bref : un étranger non-résident peut obtenir un crédit en dirhams auprès d’une banque marocaine pour acheter ou construire un bien, dans la limite de 80 % du prix, le reliquat étant réglé en devises. La banque exige une hypothèque de premier rang ou une garantie d’une banque étrangère. Le remboursement et les frais d’acquisition se règlent en devises ou depuis un compte en dirhams convertibles.

Les règles officielles du crédit immobilier pour étranger non-résident

L’Office des Changes encadre ces crédits (Instruction générale des opérations de change 2026, section 5.1.2). Les banques marocaines peuvent accorder aux personnes physiques étrangères non-résidentes et aux Marocains résidant à l’étranger des crédits en dirhams destinés à financer l’acquisition ou la construction de résidences au Maroc, dans les conditions suivantes.

1. Un apport minimum de 20 % en devises

Vous devez régler en devises au moins 20 % du prix du bien. Cet apport se fait soit par cession de devises (virement depuis l’étranger converti en dirhams), soit par débit d’un compte étranger en dirhams convertibles ouvert à votre nom. Le crédit peut donc couvrir au maximum 80 % du prix, sous réserve de l’accord de la banque.

2. Une garantie : hypothèque ou banque étrangère

La banque qui prête exige, à hauteur du montant du crédit, soit une hypothèque de premier rang sur le bien, soit une garantie émanant d’une banque étrangère.

3. Un remboursement en devises

Les échéances (capital, intérêts, commissions) sont remboursées par cession de devises ou par débit d’un compte en dirhams convertibles à votre nom.

4. Des frais d’acquisition payés en devises

Les frais liés à l’achat (notaire, droits d’enregistrement, conservation foncière…) doivent eux aussi être couverts en devises ou depuis un compte en dirhams convertibles.

5. Une déclaration sur l’honneur

Avant l’octroi du crédit, vous remettez à la banque une déclaration sur l’honneur attestant que vous n’êtes propriétaire d’aucune résidence au Maroc.

La banque transmet ensuite un compte rendu à l’Office des Changes, avec le contrat de crédit et la preuve de l’apport initial en devises (article 794).

L’alternative : un prêt d’une banque étrangère garanti au Maroc

L’Office des Changes autorise aussi les banques marocaines à émettre des cautions en faveur de banques étrangères qui prêtent en devises à un non-résident pour l’achat d’une résidence au Maroc, à hauteur de 100 % de la valeur du bien (article 796). La banque marocaine exige alors une hypothèque de premier rang et s’assure du rapatriement intégral du prix et des frais. La même déclaration sur l’honneur (aucune résidence possédée au Maroc) est requise.

Dans les faits, ce montage suppose qu’une banque de votre pays accepte de financer un bien situé à l’étranger : à explorer avec votre conseiller bancaire

Les autres options de financement

  • Fonds propres en devises : la solution la plus simple, et souvent la plus rapide à la signature.
  • Crédit dans votre pays de résidence, garanti par un bien ou une épargne que vous y détenez : les conditions dépendent entièrement de votre banque.
  • Combinaison : apport en devises + crédit en dirhams pour le solde.

Pour estimer vos mensualités selon le montant, la durée et le taux, utilisez notre simulateur de crédit immobilier au Maroc. Les taux et durées proposés aux non-résidents varient selon les banques et le profil : nous ne citons pas de chiffres ici, car seule une offre écrite fait foi

Revendre un bien financé à crédit : le rapatriement des fonds

C’est un point essentiel pour un investisseur. Selon l’article 795, lors de la revente d’un bien financé par un crédit en dirhams, les banques peuvent transférer le produit net de cession, sur présentation de l’acte notarié et des justificatifs de paiement des impôts dus, à hauteur :

  • de l’apport initial en devises ;
  • des remboursements en principal effectués en devises ou depuis un compte convertible ;
  • et de la plus-value éventuelle.

Autrement dit, chaque dirham que vous ferez entrer « proprement » au Maroc pourra ressortir. Conservez donc tous les justificatifs bancaires. Notre article sur le transfert de devises pour un achat immobilier au Maroc détaille les bonnes pratiques.

Les particularités d’un riad

Le titre foncier, condition du financement

L’hypothèque de premier rang suppose un bien immatriculé. Un riad en melkia est donc difficile à financer à crédit tant qu’il n’a pas obtenu son titre foncier. Vérifiez ce point avant toute demande : voir notre guide du titre foncier au Maroc.

Riad à rénover : financer les travaux ?

La réglementation vise l’acquisition ou la construction de résidences. La possibilité de financer des travaux de rénovation par le même crédit dépend de la banque et du dossier.

Riad destiné à la location

Le crédit visé par l’Office des Changes porte sur des « résidences ». Si votre projet est une maison d’hôtes exploitée commercialement, le financement peut relever d’un autre cadre, notamment via une société : à étudier avec la banque.

Monter votre dossier : la méthode en 6 étapes

  1. Définir votre budget global : prix, frais d’acquisition (environ 7 %), travaux, mobilier. Voir nos frais d’achat immobilier au Maroc.
  2. Ouvrir un compte en dirhams convertibles auprès d’une banque marocaine. Voir ouvrir un compte bancaire au Maroc quand on est étranger.
  3. Consulter plusieurs banques avant de signer le compromis, avec un dossier complet (identité, revenus, situation patrimoniale).
  4. Prévoir une condition suspensive d’obtention du prêt dans le compromis.
  5. Transférer l’apport en devises par virement bancaire, en conservant les bordereaux.
  6. Signer l’acte chez le notaire, qui fait inscrire la vente et l’hypothèque.

Questions fréquentes

Un étranger non-résident peut-il emprunter au Maroc ?

Oui. Les banques marocaines peuvent accorder des crédits en dirhams aux étrangers non-résidents pour acheter ou construire un bien, dans la limite de 80 % du prix, le reliquat étant réglé en devises.

Quel apport faut-il pour un crédit immobilier au Maroc en tant que non-résident ?

Au moins 20 % du prix du bien, en devises ou depuis un compte en dirhams convertibles. Le crédit couvre donc au maximum 80 % du prix.

Peut-on financer 100 % d’un achat au Maroc ?

Pas avec un crédit en dirhams d’une banque marocaine. En revanche, une banque marocaine peut garantir, jusqu’à 100 % de la valeur du bien, un prêt en devises accordé par une banque étrangère.

Faut-il ne posséder aucun bien au Maroc pour obtenir ce crédit ?

Oui : la réglementation demande une déclaration sur l’honneur attestant que vous n’êtes propriétaire d’aucune résidence au Maroc.

Pourrai-je rapatrier l’argent à la revente ?

Oui, à hauteur de l’apport initial en devises, des remboursements effectués en devises et de la plus-value, après paiement des impôts dus.

Financez votre riad en toute sérénité

Vous souhaitez valider votre capacité de financement avant de visiter ? Nous vous aidons à bâtir un plan de financement réaliste et à anticiper les étapes bancaires et notariales. Contactez Klair & Arno ou consultez notre guide de l’achat immobilier au Maroc pour un étranger.

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