Taxe de séjour Maroc : tarifs, calcul et déclarations
Si vous exploitez une maison d’hôtes ou louez votre riad à des voyageurs, la taxe de séjour fait partie de votre quotidien. Elle ne pèse pas directement sur vos revenus, puisqu’elle est payée par vos clients, mais c’est vous qui la collectez, la déclarez et la reversez à la commune. Une obligation simple à condition de bien l’organiser dès l’ouverture.
Ce guide vous explique, à partir de la loi n° 47-06 relative à la fiscalité des collectivités locales telle que modifiée par la loi n° 07-20, qui est concerné, comment la taxe est calculée, quels tarifs la loi prévoit et quelles sont vos obligations déclaratives.
En bref : la taxe s’applique aux établissements d’hébergement touristique et aux autres formes d’hébergement touristique régies par la loi n° 80-14. Elle est due par personne et par nuit, les enfants de moins de 12 ans étant exonérés. Pour les maisons d’hôtes, la loi prévoit une fourchette de 15 à 30 dirhams ; pour les riads et maisons louées aux touristes, de 10 à 25 dirhams. Le montant exact est fixé par chaque commune. L’exploitant la facture à part, la reverse chaque trimestre et dépose une déclaration annuelle avant le 1er avril.
Qui est concerné ?
Selon l’article 70 de la loi n° 47-06, la taxe de séjour est perçue auprès des établissements d’hébergement touristique et des autres formes d’hébergement touristique régies par la loi n° 80-14, qu’ils soient exploités par des personnes physiques ou morales. Elle s’ajoute au prix de l’hébergement.
Sont notamment visés les hôtels, les maisons d’hôtes, les riads et maisons louées aux touristes, les clubs hôteliers, les villages de vacances et les résidences touristiques. Pour savoir si votre mode de location entre dans le champ de la loi n° 80-14 et quelles autorisations elle impose, consultez notre article sur la réglementation Airbnb au Maroc.
L’exonération
La loi prévoit une seule exonération : les enfants de moins de douze ans (article 71).
Comment la taxe est-elle calculée ?
La taxe est due pour chaque personne et pour chaque nuit, selon le tarif applicable à la catégorie de l’établissement (article 72). Le calcul est donc simple :
Taxe = nombre de personnes de 12 ans et plus × nombre de nuits × tarif de la commune
Exemple de méthode : un couple et un enfant de huit ans séjournent trois nuits dans une maison d’hôtes. La taxe porte sur deux personnes et trois nuits, soit six nuitées taxables, multipliées par le tarif fixé par la commune pour les maisons d’hôtes.
Les tarifs prévus par la loi
L’article 73 fixe, pour chaque catégorie, une fourchette par personne et par nuit, dans laquelle chaque commune arrête son tarif :
- Maisons d’hôtes, centres et palais de congrès, hôtels de luxe : de 15 à 30 dirhams ;
- Riads et maisons louées aux touristes : de 10 à 25 dirhams ;
- Hôtels 5 étoiles : de 10 à 25 dirhams ;
- Hôtels 4 étoiles : de 5 à 10 dirhams ;
- Hôtels 3 étoiles : de 3 à 7 dirhams ;
- Hôtels 2 étoiles et 1 étoile : de 2 à 5 dirhams ;
- Clubs hôteliers : de 10 à 25 dirhams ;
- Villages de vacances : de 5 à 10 dirhams ;
- Résidences touristiques : de 3 à 7 dirhams ;
- Autres établissements et formes d’hébergement touristique : de 2 à 5 dirhams.
Le tarif applicable à Marrakech
Le montant exact est fixé par un arrêté de la commune, pris après délibération du conseil communal, dans le respect de ces fourchettes (article 168 de la loi). Renseignez-vous auprès du service d’assiette de la commune de Marrakech, ou auprès de votre comptable, pour connaître le tarif en vigueur pour votre catégorie avant de fixer vos prix.
Vos obligations d’exploitant
Collecter et facturer
L’exploitant est responsable du recouvrement de la taxe auprès de ses clients. Les factures doivent faire apparaître le montant de la taxe de façon distincte (article 76). Si vous commercialisez via des plateformes, vérifiez comment la taxe est présentée et encaissée : c’est vous qui restez redevable envers la commune.
Reverser chaque trimestre
Le montant collecté est versé spontanément à la caisse du régisseur communal ou auprès du comptable public chargé du recouvrement, chaque trimestre, avant la fin du mois qui suit le trimestre. Le versement s’appuie sur un bordereau établi selon un modèle de l’administration, indiquant le nombre de clients et de nuits.
- 1er trimestre : avant le 30 avril ;
- 2e trimestre : avant le 31 juillet ;
- 3e trimestre : avant le 31 octobre ;
- 4e trimestre : avant le 31 janvier.
Déclarer chaque année
Avant le 1er avril de chaque année, l’exploitant dépose auprès du service d’assiette de la commune une déclaration, sur un modèle établi par l’administration, indiquant le nombre de clients accueillis au cours de l’année écoulée et le nombre de nuitées (article 74).
Signaler les changements
En cas de cession, de cessation, de transfert de l’activité ou de changement de forme juridique, une déclaration doit être déposée dans les 45 jours. En cas de décès de l’exploitant, ses ayants droit disposent de trois mois (article 75).
Organiser la taxe de séjour au quotidien
- Tenez un registre fiable des séjours : dates, nombre de voyageurs, âge des enfants. Il sert à la fois à la taxe de séjour et à vos autres obligations d’hébergeur.
- Intégrez la taxe dans vos tarifs en la présentant clairement à part, pour éviter les malentendus avec vos clients.
- Mettez de côté la taxe collectée sur un compte ou une ligne distincte : ce n’est pas votre chiffre d’affaires.
- Calez un calendrier des échéances trimestrielles et de la déclaration annuelle, avec votre comptable ou votre gestionnaire.
- Conservez les justificatifs de paiement : ils seront demandés lors d’un contrôle, et sont précieux lors de la revente d’un riad en activité.
Pour un repreneur, les déclarations de taxe de séjour constituent d’ailleurs un bon indicateur de l’activité réelle d’une maison d’hôtes. Si vous étudiez la reprise ou la création d’une maison d’hôtes, notre article sur la rentabilité d’un riad maison d’hôtes à Marrakech vous aidera à bâtir vos hypothèses.
Taxe de séjour et autres impôts de l’hébergeur
La taxe de séjour n’est qu’une des obligations d’un exploitant. Selon sa situation, une maison d’hôtes est aussi concernée par l’impôt sur le revenu ou l’impôt sur les sociétés, la TVA, la taxe professionnelle et la taxe de services communaux. Pour une vue d’ensemble des modèles locatifs à Marrakech et de leurs contraintes, consultez notre guide de l’investissement locatif à Marrakech.
Questions fréquentes
Combien coûte la taxe de séjour dans une maison d’hôtes au Maroc ?
La loi prévoit une fourchette de 15 à 30 dirhams par personne et par nuit pour les maisons d’hôtes. Le tarif exact est fixé par chaque commune.
Les enfants paient-ils la taxe de séjour ?
Non, les enfants de moins de 12 ans sont exonérés. C’est la seule exonération prévue par la loi.
Quand faut-il reverser la taxe de séjour ?
Chaque trimestre, avant la fin du mois qui suit le trimestre. Une déclaration annuelle du nombre de clients et de nuitées est aussi due avant le 1er avril.
Un riad loué en entier est-il concerné ?
Oui, lorsqu’il relève des formes d’hébergement touristique régies par la loi n° 80-14. La loi prévoit pour les riads et maisons louées aux touristes une fourchette de 10 à 25 dirhams par personne et par nuit.
Qui paie la taxe de séjour : le client ou le propriétaire ?
Le client la supporte, puisqu’elle s’ajoute au prix de l’hébergement, mais c’est l’exploitant qui la collecte, la fait figurer sur la facture et la reverse à la commune.
Un projet de maison d’hôtes ?
Nous vous aidons à identifier le riad adapté à votre projet et à anticiper ses obligations d’exploitation. Contactez Klair & Arno.